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Tout petit et pourtant...

Posté le 27/01/2017

De l'eau, de l'eau, hip hip, hourra !De l'eau, de l'eau, hip hip, hourra !Ce matin je me réveille avec une belle tempête qui souffle fort sur le golfe du Lion et laisse présager de belles averses dans les jours à venir. Cela devient une obsession depuis que je vis au bord de la grande bleue, l'attente des pluies devenues parfois désespérée tant elles se font rares. Alors, les millésimes alternent entre belles récoltes charnues, ventrues, gonflées par de beaux épisodes cévenols, jamais excessifs dans cette partie de l'Hérault et des années de disette, maigres, sèches, aux tanins plus rêches et aux degrés faramineux.

Notre Languedoc Roussillon, désormais perdu en Occitanie possède une climatologie soumise à de forts aléas mais toujours plus proche de l'Espagne que de la France. Et pour arriver à faire vivre une filière agricole avec tant de fluctuations c'est pas évident, entre années fastes et années pauvres, heureusement que mon métier de consultant me fait voyager dans des vignobles plus stables quoique...

Ce qui est certain, c'est que dans tous les cas il faut s'adapter et l'effet papillon fait peur au vigneron désarmé devant tant de sautes d'humeur, entre Bordeaux 2013 et Saint-Chinian 2016, on passe de l'Irlande au Maroc ! Tout petit, le vigneron subit cette grande loterie soit avec fatalisme soit avec parfois l’énergie du désespoir, déployant alors des montagnes de ruse et de tactiques : démarrer les travaux d'irrigation cette année ou l'an prochain, vendanger en vert ou laisser toutes les grappes pour éviter les phénomènes de gonfle

La bioprotection, pourquoi continuer à sulfiter la vendange ?La bioprotection, pourquoi continuer à sulfiter la vendange ?

ment des baies après la pluie, labourer pour éviter l'évaporation ou laisser un peu d'herbe pour pomper l'eau à venir,  effeuiller pour mieux mûrir ou protéger les grappes d'un astre toujours plus brûlant, ...

Pourtant, pas le choix,  il faut décider, ne pas laisser la nature seule aux manettes, sinon c'est la paralysie, la tentation du "tout nature" et après pas la peine de venir pleurer des rendements ridicules et des prix de vente exorbitants. Marre de ces vignerons "nature" qui font payer à leurs clients le prix de leurs errements ou de leur incompétence. Dans ma cave, dans mes vignes, je suis tout petit, et pourtant il faut lancer les dès, pas trop pipés de préférence et tenter non pas le diable mais une nouvelle approche, stratagème toujours plus affûté, pertinent, enrichi de l'expérience des années passées.

Je me plais à raconter que l'expérience est l'apprentissage des idiots mais dans ce métier, on est toujours idiot, baffes après baffes, trophées après trophées, on avance, tout petit, humble mais on avance. Alors cette année 2017, ce sera encore un peu plus de biodynamie, en se remémorant les conseils de fertilisation de Dominique Massenot, du compost en hiver et du fumier au printemps, ce seront de nouvelles stratégies de bio-contrôle avec des essences d'agrumes contre l’oïdium, toujours le bon vieux lithothamne toute la saison pour rendre mes pellicules invincibles face aux éléments, de nouveaux apports foliaires de kaolin en Juin pour blanchir les feuilles des parcelles les plus solaires et éviter les brûlures du soleil, et enfin renouveler l'expérience fructueuse de parasitisme des œufs d'eudémis avec lâcher de micro-guêpes...

En cave, on ne sulfitera plus jamais la vendange, tellement Une micro-guêpe mais une maxi tueuse de vers de grappe.Une micro-guêpe mais une maxi tueuse de vers de grappe.contents de la bio-protection qui évite l'extraction excessive et aveugle du soufre, une partie de la récolte est désormais élevée dans les jarres de terre cuite de mon ami Olivier Beliveau de Terres d'Autan, les vins de Carignan seront élevés précisément sous la surveillance microbiologique des milieux de culture Vivelys...et l'oxygène dissous est traqué à la mise en bouteille pour diminuer les niveaux de soufre de nos cuvées.

Tout petit et pourtant à la pointe du progrès, je me refuse au simplisme du "small is beautiful", alors à la Vila Voltaire avec Cécile et nos 7 hectares, on voit tout en grand, petit à petit...